2010 année des réformes

Publié le par UNSA POLICE

CA0HG8SBCAJNM4H0CAHHLYKXCA0RL03OCAJGEWA9CAT80LVTCAI9BQHBCAUPoussée de fièvre dans la gendarmerie mobile.

Une directive, adressée le mois dernier par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux aux préfets territoriaux et aux préfets de zones de sécurité et de défense, provoque quelques remous dans les rangs de la gendarmerie mobile. La réduction annoncée de cette force chargée principalement du maintien de l'ordre, et qui doit perdre en 2010 huit escadrons (1 ou 2 à Melun, les autres à Toulouse, Bayonne, Strasbourg, Ferrette (68), Besançon, Cherbourg et Saint-Malo), entraîne une refonte de sa doctrine d'emploi. Qui passe mal dans ce corps où l'on a souvent la tête près du képi. Concrètement, les gendarmes mobiles reprochent notamment à leur ministre de vouloir imposer le principe de la "sécabilité" des escadrons de gendarmerie mobile, alors même que ces derniers ne pouvaient jusqu'à présent intervenir qu'en bloc homogène. Brice Hortefeux explique la nécessité de "rationaliser l'emploi des forces engagées" et de "multiplier les points d'intervention sans avoir à solliciter des renforts supplémentaires".

L'inimitable jargon ministériel ajoute à la "sécabilité" deux autres mots qui font hurler les gendarmes : la "réversibilité missionnelle". Ce dernier terme est précisé dans un document signé par le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, et par son homologue de la gendarmerie nationale, Roland Gilles, titré "Instruction commune d'emploi des forces mobiles de la police nationale et de la gendarmerie nationale". Le texte explique donc la nouvelle organisation et la possibilité de faire évoluer la mission des forces en cours de déploiement : les unités mobiles peuvent passer de la mission de maintien de l'ordre à celle de sécurisation limitée à la durée de la vacation initialement prévue.

Les raisons de la grogne actuelle des gendarmes mobiles, discrète encore mais bien réelle, portent tout d'abord sur les dissolutions d'escadrons. Celles-ci ont été décidées en raison du transfert vers la police aux frontières (PAF) des missions de garde et de tranferts dans les centres de rétention administrative du Mesnil-Amelot (77), Rivesaltes (66), Metz (57) et Geispolsheim (67). Ce passage de compétence de la gendarmerie à la PAF aurait dû être effectif depuis le 1er janvier 2009, ce qui n'est pas le cas. Les gendarmes continuent donc d'assurer ces missions, alors que les dissolutions d'escadrons interviendront bien en 2010, faisant peser la charge sur les autres unités de gendarmerie disponibles, confirme un cadre concerné par ces évolutions.

Mais la "sécabilité" des escadrons durant les opérations de maintien de l'ordre passe encore plus mal : en fait, c'est l'une des dernières différences avec les CRS (Compagnies républicaines de sécurité) qui disparaît ainsi, ce qu'un officier supérieur de gendarmerie explique en ces termes : "La gendarmerie mobile est conçue pour le rétablissement de l'ordre et le temps de crise. Lorsqu'elle agit, c'est avec un effet de masse et une souplesse tactique lui permettant de reconquérir et tenir un terrain", ce que la division d'un escadron en deux parties ne permettrait plus, selon notre interlocuteur. Il refuse d'évoquer la guerre des polices et admet que cette idée part sans doute d'un bon sentiment. Mais il voit dans ce mouvement une remise en cause de la spécificité de la gendarmerie par rapport à la police : "La sécabilité est applicable pour la gestion humaine des CRS, qui ne se déplacent pas plus de 45 jours, avec des relèves entre-temps. Alors que ceux des escadrons de gendarmerie mobile durent de un à six mois." Affaire à suivre...

source : le point

si certain on encore des doutes de ne pas voter pour la seule organisation qui défend les CRS je cite UNSA POLICE

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