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Publié le par UNSA POLICE

images crs 22L'arrêté préfectoral contre les supporters du PSG met mal à l'aise les policiers lensois

jeudi 11.03.2010, 05:05 - La Voix du Nord

Arrestation d'un présumé supporter du PSG, samedi après-midi, devant la gare de Lens.

Colère et malaise règnent chez les policiers lensois. Samedi, ils ont dû appliquer

un arrêté préfectoral interdisant « aux personnes se prévalant de la qualité de supporter du PSG ou connues comme étant supporter de ce club » d'arpenter à pied ou en voiture les abords du stade Bollaert. Du coup, soixante-neuf personnes ont été retenues contre leur gré au commissariat de Lens pendant quatre heures. Elles ont été bien traitées. Mais certaines d'entre elles avaient l'intention de porter plainte pour détention arbitraire. Ces personnes, majoritairement, étaient immatriculées dans la région parisienne mais n'étaient pas pour autant des supporters du club de foot de la capitale. La plupart allaient voir le match avec des places achetées à la Fnac. Un policier : « On a fait faire aux collègues n'importe quoi. C'est comme si on interdisait à des gars de Lens d'aller à La Rochelle ! » Côté syndicat de police, aucune réaction. Au Syndicat national des officiers de police (SNOP), on nie le problème : « Il n'y a pas de grogne, pas d'état d'âme. Il y avait des consignes, un boulot à faire. Il a été fait. » Chez le syndicat Alliance, « pas de réaction ». « On applique les règlements, les textes. Si on commence à contester le droit et les arrêtés, on n'est plus dans notre rôle. » Il n'y a guère que chez UNSA-police qu'on pressent qu'il y a un problème. Thierry Depuidt, délégué syndical : « J'ai senti mes collègues gênés. J'ai eu du mal moi-même à recueillir certaines informations. J'ai l'impression qu'il y a une consigne de ne pas communiquer sur ce dossier, que les collègues ne souhaitent pas s'exprimer. »

 

« Omerta »

Un autre policier confirme que c'est « l'omerta ». D'autant que selon lui, à la fin du mois et au mois de mai, les commissions de passages de grades siègent. « Si un syndicat moufte, ses adhérents risquent de ne pas être promus ! » Et le fonctionnaire d'ajouter que « les consignes viennent de très haut » donc « personne officiellement ne parlera, celui qui le ferait risquerait gros ». Et de conclure : « L'administration va dire qu'il ne s'est rien passé, que c'est une victoire ».

Et c'est vrai qu'il ne s'est rien passé. L'arrêté préfectoral avait été pris pour éviter absolument que des supporters parisiens violents se battent entre eux dans les rues de Lens voire mettent à feu et à sang la ville. De ce côté-là, aucun problème. Mais au prix d'un arrêté contestable. Car comme l'estime un représentant de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) qui a pu lire le document administratif, « oui, c'est discriminant ». C'est clair et net. Certains policiers vont plus loin. Non seulement il serait discriminant, mais en plus il serait caduc. En effet, un de ces arrêtés affichés dans les rues de Lens et qu'on a pu se procurer, interdit aux supporters parisiens les abords de Bollaert à la date du 6 février. Pas à la date du 6 mars, qui est la bonne. Réponse de la préfecture : « On s'en est rendu compte tout de suite, on a corrigé et ce sont les bons arrêtés qui ont été affichés ». De toute évidence pas partout puisque cette semaine encore on en trouvait dans les rues de Lens avec la mauvaise date. •

SÉBASTIEN ROSELÉ

 

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